La plage est magnifique sous le soleil qui la dore…
Les flots alentours, le ciel limpide, les falaises grises
La jalousent du regard.
La nature a oublié le passé
Ne vit que pour l’instant présent
Et ne peut imaginer le futur…
C’est heureux !
L’enfant qui joue contre sa mère ne sait pas.
Son innocence le protège encore des réalités cruelles.
Un vieil homme parcoure la grève,
Digne et silencieux.
Son regard s’accroche à l’horizon,
Si loin, si proche…
Le passé douloureux s’extirpe de sa mémoire,
Jaillit dans un souffle, à portée de main!
Si seulement il avançait son bras...
Il sentirait son frère à ses côtés,
Son double, son ami,
Les milliers d’enfants qui, comme lui,
Ce doux matin de juin,
Se sont effondré sur le sable,
Perdant dans l’instant le souffle de leur jeunesse,
Leurs désirs, leurs espoirs...
Il est mort lui aussi ce matin-là
De n’avoir pas su pourquoi il survivait.
Il est resté en vie, ce matin-là
Pour revenir fouler la plage,
Au moins une fois !
Il dépose un petit drapeau
Qu'il coince entre les gallets,
Formule le vœu que les hommes n’oublient jamais.
Regarde l’enfant et sourit.
Se souvenir est un devoir.
Oublier, serait une libération.
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