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Présentation

Mercredi 28 octobre 2009

Ma main, ouverte en grand, caresse la fougère,

Comme une fine peau suspendue entre sols.

Son exquise douceur, sa verdeur passagère,

Font des tapis mouvants ou bien des parasols

Aux insectes cachés sous les fleurs, dans les sols…

Je navigue au dessus du monde qui fourmille,

Effleurant la toison de cette belle fille

A la beauté troublante, aux effluves menthols.



Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : huitain
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Mardi 27 octobre 2009

Ce corps nu sur la mousse est une chose étrange :

Bien qu’issu de la terre et chez lui n’importe où,

Il n’a d’autre motif de s’étendre partout,

Sinon de susciter tous les désirs d’un ange,

Ou de former un nid fugace à la mésange.

Mais il ne semble pas vraiment s’en soucier…

Comme un trône apprêté pour un séant princier,

Il s’enroule sans bruit et refuse l’échange.


Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : huitain
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Lundi 26 octobre 2009

Ma main, pour la cueillette, épargne l’orchidée

Frêlement apparue au cœur d’un pré fourni.

Sa corolle en avant, d’un fin manteau brodée,

Donne à penser qu’un taon, voire un frelon banni,

N’a pas trouvé plus doux que ce pétale uni

Pour dormir un moment dans la douce enveloppe.

Pourtant, ce trompe-l’œil n’a rien d’un douillet nid,

C’est l’œil d’un dieu caché qui sort le périscope !



Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : huitain
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Dimanche 25 octobre 2009

Ton corps s’est allongé dans ce divin jardin,

Là où tout commença… Les prémices du monde

Ont mis leur souvenir en détail anodin

Sur le creux de ta hanche admirablement ronde.

Il s’en faudrait de peu pour que l’on te confonde

Avec la grâce même, Eve à peine éveillée !

Tout me trouble, et pourtant, mon âme émerveillée

Se refuse à saisir l’amour qui vagabonde…



Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : huitain
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Samedi 24 octobre 2009

Le printemps se tiédit, déjà l’aube est plus douce…

Sous une fleur poudrée, un insecte s’est mu

En un beau papillon, nouvellement promu

« Prince du lieu séant », « Cardinal de la mousse »

Aux ailes de velours, dont le charme éclabousse

La nature en éveil. Tout est charme et beauté.

Le décors est si vif qu’il paraît enchanté

Par un long mouvement, transformé, car tout pousse !


Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : huitain
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Vendredi 23 octobre 2009

C’est un corps animal qui s’ouvre comme fleur

Quand le soleil descend son jaune au crépuscule

Et se mélange au noir sans éclat ni douleur.

Le duvet de la peau s’hérisse puis bascule

Dans la moiteur de l’air. La fraîche renoncule

Fait luire ses tissus, ses branches de pistil,

Et voudrait s’échapper du voile cuticule…

Un premier rai de lune aligne le profil.

Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : huitain
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Mardi 11 août 2009

Elle a ce lent regard, un rien mélancolique,

Qui cherche à se poser, comme tombé des cieux,

Puisant un vert limpide à la source des dieux,

Il vous fige à l’instant d’un poison magnifique.

 

Son cheveu de jais noir offre un charme ibérique

A son teint blanc de lait créant contraste au mieux,

Ses gestes élégants ruinent tout rêve pieux

Dans un élan de grâce et de tristesse uniques.

 

Son mari la regarde et semble résigné.

Peut-être son amour, déjà, s’est éloigné

Des fièvres du début ? Il a peur de comprendre…

 

Que seul un ange au ciel peut retenir sa main

Et qu’il est vain et fou de tenter de se pendre :

La belle n’entend pas la douleur de l’humain !


http://www.myspace.com/emmanuelrastouil

Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Sonnet
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Dimanche 9 août 2009

Puisque les jours s’en vont (c’est le sort de l’humain)

Et qu’avec eux les gens qu’on aime et qu’on espère

Se fanent, résignés à céder le chemin

Aux tendres cœur d’en bas, vivants et téméraires.

 

Il faut aimer !

 

Rechercher le moment de bonheur infini,

Tendrement partagé, brodé d’or et de soie,

Qu’on saura convertir en souvenir béni

Quand les jours de routine auront repris leur voie.

 

Il faut aimer !

 

Transmettre la parole et sentir la beauté

D’un filet d’espérance et de joie en partage,

Ne devoir ressentir la culpabilité

Que de n’avoir pas pu partager davantage.

 

Il faut aimer !

 

Ne plus douter qu’un jour viendront des temps meilleurs

Où les regrets passés n’auront plus de mémoire.

Nous formerons alors en armée de veilleurs

Une famille unie au seuil d’une autre histoire.

 

Il faut aimer !

Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : libre
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Lundi 8 juin 2009
Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Affiche
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Lundi 8 juin 2009

La plage est magnifique sous le soleil qui la dore…

Les flots alentours, le ciel limpide, les falaises grises

La jalousent du regard.

La nature a oublié le passé

Ne vit que pour l’instant présent

Et ne peut imaginer le futur…

C’est heureux !

L’enfant qui joue contre sa mère ne sait pas.

Son innocence le protège encore des réalités cruelles.

 

Un vieil homme parcoure la grève,

Digne et silencieux.

Son regard s’accroche à l’horizon,

Si loin, si proche…

Le passé douloureux s’extirpe de sa mémoire,

Jaillit dans un souffle, à portée de main!

Si seulement il avançait son bras...

Il sentirait son frère à ses côtés,

Son double, son ami,

Les milliers d’enfants qui, comme lui,

Ce doux matin de juin,

Se sont effondré sur le sable,

Perdant dans l’instant le souffle de leur jeunesse,

Leurs désirs, leurs espoirs...

Il est mort lui aussi ce matin-là

De n’avoir pas su pourquoi il survivait.

Il est resté en vie, ce matin-là

Pour revenir fouler la plage,

Au moins une fois !

 

Il dépose un petit drapeau
Qu'il coince entre les gallets,

Formule le vœu que les hommes n’oublient jamais.

Regarde l’enfant et sourit.

 

Se souvenir est un devoir.

Oublier, serait une libération.

Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : libre
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