Vendredi 20 novembre 2009
Je suis perdu sans toi, je l’avoue et je pleure…
Et ton absence ajoute au trouble un contresens,
Celui des sentiments… Ce rêve est-il un leurre ?
Car lorsque je m’assois, perdu, sous l’impatiens,
Je sais que notre amour, nos vœux n’ont d’autres sens
Que de figer nos cœurs vers un futur, ensemble…
Mais quand je vois ton œil s’échapper, il me semble
Que tu veux t’en aller.
Perdu, sous l’impatiens…
Par Emmanuel RASTOUIL
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Mercredi 18 novembre 2009
Flâner dans cet éden est une belle chose,
Car je sais qu’au détour de ce rosier grimpant
Ou du lilas fleuri, plus trace du serpent…
Et l’heureux dénouement offre un parfum grandiose
A notre éternité ! Si tu veux, si je l’ose,
Quittons donc pour toujours cet ignoble oripeau,
Que la lumière apprenne à contempler ta peau,
Son satin surpassant la douceur de la rose.
Par Emmanuel RASTOUIL
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Quand le vent frais du nord virevolte et murmure :
« Je t’aime encor plus fort que je t’aimais jadis »,
Crois-le sans hésiter ! Cette littérature
Est un baiser pressant, une brassée de lys
Déposée sur ton ventre en quête d’oasis.
Chaque fleur qui bascule à son tour ses pétales
Fait la déclaration en un mot comme en dix
De mon amour complet en lettres capitales !
Par Emmanuel RASTOUIL
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Ma main, ouverte en grand, caresse la fougère,
Comme une fine peau suspendue entre sols.
Son exquise douceur, sa verdeur passagère,
Font des tapis mouvants ou bien des parasols
Aux insectes cachés sous les fleurs, dans les sols…
Je navigue au dessus du monde qui fourmille,
Effleurant la toison de cette belle fille
A la beauté troublante, aux effluves menthols.
Par Emmanuel RASTOUIL
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Ce corps nu sur la mousse est une chose étrange :
Bien qu’issu de la terre et chez lui n’importe où,
Il n’a d’autre motif de s’étendre partout,
Sinon de susciter tous les désirs d’un ange,
Ou de former un nid fugace à la mésange.
Mais il ne semble pas vraiment s’en soucier…
Comme un trône apprêté pour un séant princier,
Il s’enroule sans bruit et refuse l’échange.
Par Emmanuel RASTOUIL
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Ma main, pour la cueillette, épargne l’orchidée
Frêlement apparue au cœur d’un pré fourni.
Sa corolle en avant, d’un fin manteau brodée,
Donne à penser qu’un taon, voire un frelon banni,
N’a pas trouvé plus doux que ce pétale uni
Pour dormir un moment dans la douce enveloppe.
Pourtant, ce trompe-l’œil n’a rien d’un douillet nid,
C’est l’œil d’un dieu caché qui sort le périscope !
Par Emmanuel RASTOUIL
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Ton corps s’est allongé dans ce divin jardin,
Là où tout commença… Les prémices du monde
Ont mis leur souvenir en détail anodin
Sur le creux de ta hanche admirablement ronde.
Il s’en faudrait de peu pour que l’on te confonde
Avec la grâce même, Eve à peine éveillée !
Tout me trouble, et pourtant, mon âme émerveillée
Se refuse à saisir l’amour qui vagabonde…
Par Emmanuel RASTOUIL
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Le printemps se tiédit, déjà l’aube est plus douce…
Sous une fleur poudrée, un insecte s’est mu
En un beau papillon, nouvellement promu
« Prince du lieu séant », « Cardinal de la mousse »
Aux ailes de velours, dont le charme éclabousse
La nature en éveil. Tout est charme et beauté.
Le décors est si vif qu’il paraît enchanté
Par un long mouvement, transformé, car tout pousse !
Par Emmanuel RASTOUIL
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C’est un corps animal qui s’ouvre comme fleur
Quand le soleil descend son jaune au crépuscule
Et se mélange au noir sans éclat ni douleur.
Le duvet de la peau s’hérisse puis bascule
Dans la moiteur de l’air. La fraîche renoncule
Fait luire ses tissus, ses branches de pistil,
Et voudrait s’échapper du voile cuticule…
Un premier rai de lune aligne le profil.
Par Emmanuel RASTOUIL
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Elle a ce lent regard, un rien mélancolique,
Qui cherche à se poser, comme tombé des cieux,
Puisant un vert limpide à la source des dieux,
Il vous fige à l’instant d’un poison magnifique.
Son cheveu de jais noir offre un charme ibérique
A son teint blanc de lait créant contraste au mieux,
Ses gestes élégants ruinent tout rêve pieux
Dans un élan de grâce et de tristesse uniques.
Son mari la regarde et semble résigné.
Peut-être son amour, déjà, s’est éloigné
Des fièvres du début ? Il a peur de comprendre…
Que seul un ange au ciel peut retenir sa main
Et qu’il est vain et fou de tenter de se pendre :
La belle n’entend pas la douleur de l’humain !
http://www.myspace.com/emmanuelrastouil
Par Emmanuel RASTOUIL
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