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Soy un poeta
Sin culturas ni tradiciones
Un extranjero en su propio país
Pero en casa a cualquier lugar
Soy un poeta
Sin reservas ni pasado
Una vela que flota en el aire
Y cae cuando no hay viento más
Mi libertad no tiene fronteras
Soy un poeta
Un caballo un águila
Cuando moriré
Mis palabras de vida permanecerán
En gotas de rocío por la aurora
Volviendo en brisa lígera al anochecer
Un bálsamo sobre el corazón
Del que ama
Je suis un poète
Sans cultures ni traditions
Un étranger dans son propre pays
Mais chez lui n’importe où
Je suis un poète
Sans réserves ni passé
Une voile qui flotte dans l’air
Et tombe quand il n’y a plus de vent
Ma liberté n’a pas de frontières
Je suis un poète
Un cheval un aigle
Quand je mourrai
Mes paroles de vie resteront
En gouttes de rosée pour l’aurore
Revenant en brise légère à la nuit tombée
Un baume sur le cœur
De celui qui aime
Je ne me souviens pas si j’ai vraiment voulu,
Croisant ton regard brun, jeter mon dévolu
Sur toi.
Ce que je sais surtout, c’est que mon cœur en friche
Est nourri près du tien comme un objet fétiche
En moi.
Mon rêve à tes côtés, dévoré d’absolu
N’accepte désormais que d’être résolu
Par toi.
Je ne veux me cacher, j’abandonne la triche,
A ton bras dans la rue orgueilleux je m’affiche
En roi !
Mes mains dans tes poches
Mes mains sur tes yeux
Mes mains dans tes mains
Mes mains sur ton cœur
Ne trouvent pas le chemin.
Mes mains dans tes pensées
Mes mains sur ta peau
Mes mains dans tes veines
Mes mains sur ton visage
Ne cernent pas ton désir.
Mes mains dans tes cheveux
Mes mains sur tes seins
Mes mains dans l'angoisse
Mes mains sur ton ventre
N'ont aucun répit.
Mes mains dans tes rêves
Mes mains sur ta nuque
Mes mains dans tes draps
Mes mains sur ta bouche
Ne peuvent te retenir.
Mes mains dans le vague
Mes mains sur tes cris
Mes mains dans ta joie
Mes mains sur tes mots
Constatent ton absence.
Je suis le père, je suis le fils
Je suis le couteau et la plaie
J’offre mes vers en sacrifice
Ne les taisez pas, s’il vous plaît !
Je suis le père, je suis le fils
J’aspire à la vérité nue
A l’émotion sans artifice
Je suis le poète inconnu.
J’ai vu la mort de près me griffer le visage
Et faucher sans raison des proches que j’aimais
Le manque et la rancœur s’invitent au plus jeune âge
Je n’ai pourtant pas cru ne les revoir jamais.
J’ai croisé la misère de ce jeune garçon
Vendant des parapluies aux portes d’un musée
J’ai su que dans la vie rien ne sert de leçon
Certains n’ont pas de rêve, que des étoiles brisées.
J’ai vu l’adolescente et sa désespérance
A 15 ans l’avenir est aussi flou que gris
J’ai senti dans son souffle qu’elle n’avait pas conscience
De son sort véritable et c’était un gâchis.
J’ai vu des yeux sans vie chez des enfants perdus
Offerts pour la luxure à des bourreaux féroces
Qui pourra soulager, accorder le salut
Aux âmes balafrées de souvenirs atroces ?
Je suis le père, je suis le fils
Je suis le couteau et la plaie
J’offre mes vers en sacrifice
Ne les taisez pas, s’il vous plaît !
Je suis le père, je suis le fils
J’aspire à la vérité nue
A l’émotion sans artifice
Je suis le poète inconnu.
Et j’ai vu dans tes yeux cette lueur d’amour
Qui me disait : « Approche ! Voici notre destin ! »
Je l’ai suivi partout, sans tricher, sans détours,
Même quand le futur devenait incertain.
Et j’ai vu dans ton cœur cet indicible espoir
Comme un phare dans la nuit, une petite flamme
J’ai emboîté son pas dans un pressant devoir
Pour devenir ton roi et que tu sois ma femme.
Parce qu’on a la rage et qu’on veut rester libre
Même si le monde implose et la nature se meurt
On restera debout, toujours en équilibre
A défendre nos vies, à soulager nos cœurs !
Parce que les temps sont durs, qu’on lutte pour sa survie
Qu’il faut laisser une trace tant qu’il est encore temps
Nous, on veut de l’amour ! Nous, on veut de la vie !
Longtemps, longtemps, longtemps, longtemps, longtemps, longtemps !
Je suis le père, je suis le fils
Je suis le couteau et la plaie
J’offre mes vers en sacrifice
Ne les taisez pas, s’il vous plaît !
Je suis le père, je suis le fils
J’aspire à la vérité nue
A l’émotion sans artifice
Je suis le poète inconnu.
Un voile de brume dissimulait l’horizon. Je savais les longues plages rivant la mer, les quelques collines verdoyantes, derrière. Le jardin en restanques sentait la sauge et le lilas. Chaque recoin semblait un petit paradis invitant à la détente et la contemplation. Je m’imaginais rester là des heures, lisant un bon livre, bercé par la brise et le chant de quelques menus oiseaux. Sous mes pieds, des pétales de rose étalaient leur couleur. Novembre allait les flétrir pour de bon. Je m’approchai des derniers boutons avec précaution et humai leur parfum délicat. Les yeux encore ouverts, je vis le salon de ma grand-mère préparé pour un dimanche en famille, coquet, béni.
(si je le pouvais, je couperais ces quelques fleurs pour te les offrir)
Je m’adossai au muret de pierres sèches, songeur, mélancolique…
(sans espoir de te revoir un jour, il me faudrait tuer ce souvenir. Mais il résiste en moi comme un cadeau, une certitude. Alors, j’espère.)
Je m’assois sous une tonnelle de tamaris et crus m’assoupir un instant. Le temps, dans un soupir, s’était presque arrêté.
Le petit cabanon dressait ses arêtes rugueuses aux rayons éclatants d’un été sur les Maures. Les branches de châtaigniers se balançaient sous la faible brise alors que la chaleur écrasait le chant déterminé des cigales que nous arrivions pourtant à faire taire par moments de nos jeux insolents. C’était les vacances et nous étions enfants.
La corde à nœuds n’arrêtait jamais sa balance. Nous l’attrapions d’une main ferme pour traverser les airs en criant notre intrépidité à plein poumon. Nous jouions avec l’eau de la pompe comme une pluie rafraîchissante jusqu’à l’heure du goûter. Là, nous nous asseyions quelques minutes sous la tonnelle pour manger un bout de pain dans lequel nous glissions des carreaux de chocolat au lait.
Après, c’était l’heure du foot. Mon père cessait alors son bricolage pour frapper le ballon d’un geste peu habile. Je plongeais de tout mon long dans les feuilles, bravant piqûres et écorchures.
Quand le soir venait, nous rentrions lentement en voiture, fatigués et sales. Mais tellement heureux.
Emma chante à tue-tête,
Offre un sourire contre rien,
Des rires en cascade
D’un bout à l’autre de la rue.
Sa voix est un ruisseau
Qui interpelle le monde
Dans un écrin de guitares.
Emma est amoureuse.
Elle danse en levant les bras,
Prête à s’envoler.
Ses mains dessinent des jardins colorés
Remplis de fleurs et d’enfants.
Son cœur est une bulle énorme
Qui engloutit tous les passants.
Emma aime la vie
Ses grands yeux noirs brillent
Comme des diamants bruts,
Cachés sous les vagues indomptables
De ses cheveux épais.
C’est une hirondelle
Qui tournoie dans l’aurore.
Emma est libre
Comme le vent d’automne.
Elle me tend pourtant sa main
Pour que je la retienne…
Mais, c’est moi qui décolle !
Et mon cœur décroché
Virevolte de joie !
Emma est ma raison
De vivre et d’espérer.
Elle allume partout des petits feux
Qui réchauffent d’abord mes os,
Puis explosent dans la nuit
En rivière de voie lactée…
Chacun de ses gestes est amour.
A l’aube promenant, j’ai trouvé, quelle joie !
Une fleur d’amandier ouverte en mon jardin.
C’est le premier cadeau que le printemps, soudain
Dans un élan de vie enchanteresse envoie.
Jailli de l’arbre mort, un fin tissu de soie
Marbré de rouge sang s’étale avec dédain…
A l’aube promenant, j’ai trouvé, quelle joie !
Une fleur d’amandier ouverte en mon jardin.
Juste une fleur, pourtant, et mon esprit verdoie,
Laisse augurer au cœur les fastes de l’Eden,
La belle a revêtu l’habit de paladin,
En aînée exemplaire, elle montre la voie.
A l’aube promenant, j’ai trouvé, quelle joie !
Une fleur d’amandier ouverte en mon jardin.
C’est un caillou pointu, gris, dressé vers le ciel,
Comme un coude à l’envers, sec, vaillant, magnifique.
Ses flancs tâchés de vert font un voile anarchique
Où percent quelques rocs érigés en autel.
Debout sur ses talons, il prend un air formel,
Dominer plaine et mer n’est pas qu’honorifique !
Mais son œil scrutateur s’exempt d’accent cynique,
Il se veut bienveillant, caressant, paternel.
De ma fenêtre au nord, je contemple ta ligne,
Et mon attrait grandit car ta splendeur insigne
Chaque jour me transporte et comble mon plaisir.
Du bord de ton sommet, je domine le monde,
Et nul autre horizon ne me fera choisir
Entre un ailleurs et toi dessus la mappemonde.



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