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Jeudi 12 février 2009

Autrefois, Moitessier avait montré la voie, celle de la liberté au gré des océans.

Lancé à l’aventure d’un premier tour du monde à la voile, en solitaire et sans escale, il fut à ce point grisé d’horizons qu’il ne souhaita plus s’en départir. Là où ses compagnons héroïques avaient perdu le mobile de leur rêve, épuisant leur machine sur les vagues ou leur âme en quête d’illusion, lui, prit le parti de la liberté. Totale. Sublime, comme une extase prolongée sur un lit d’infortune…

Laissant battre le cœur des hommes, ailleurs, dans un temps qui n’était plus le sien, il se fit marin de l’éternel, jusqu’au bout des possibles.

Aujourd’hui, ses rejetons s’affrontent encore à grand renfort de courage, à l’assaut d’horizons multiples, plus vite et plus loin, enchaînés à leur soif de vertige ! Ces combattants d’un autre type et d’un autre rang, bravent les eaux du globe avec panache et humilité, montrant à l’humanité toute entière que le rêve est à portée de main, de regard.

Car la vie reste un souffle de vent qui passe et peut vous amener au bout du monde.

 

(Jour après jour, ton absence me consume)

J’ai perdu la raison au milieu de la mer.
A trop regarder le creux des vagues,
Le reflet du soleil dans les clapotis,
Comme le danseur se saoule de musique
Puis s’abandonne vraiment au cœur de la piste.
Comme un enfant dans un nid d’eau immense,
Entre chaque horizon,
D’un bord à l’autre du chemin solaire.
Je me suis tellement évadé que j’en ai perdu la vision humaine d’un avenir sans toi.

(Nuit après nuit, ton souvenir s’efface)

J’ai perdu la raison au milieu de la mer.
Et je prie à voix haute pour me vider le cœur,
Dans un torrent de cris et de chants
Qui se heurtent à l’écho du vent.
Car lui ne me rend rien,
Que son souffle béni,
Son haleine d’amour qui me porte et me berce,
Ferme mes yeux sur une certitude de lendemain d’extase.

(Le temps passe et plus rien n’est vrai)

Tout autour, c’est l’amour, la pureté, la grâce
Qui dévorent mon âme et m’attirent vers eux.

 

En solitaire, en équipage,
Ton œil regardant l’horizon,
Tu lis la mer dans une page
Qui se tourne à chaque saison.

Toi le marin, toi le poète,
Tous tes mots forment des joyaux,
Filant au vent dans une fête
Plus gaie que des ballets royaux.

Toi le gars généreux et humble,
Tu rivalises de bon sens,
Quand les autres n’ont pas de rime,
Tirant des bords à contresens.

Tu as fait le tour de la terre
En laissant les autres partir,
Pour les déposer sans mystère
Et leurs beaux espoirs engloutir.

 

Tous des joyaux ! Tous des joyaux !
Un homme, un seul tenant la barre,
Revient de mer couvert de gloire
Devant les télés, les radios.

Ce qu’il a fait, c’est pour tous ceux,
Qui dans l’ombre avaient de grands rêves
Inassouvis, là sur la grève,
Moins téméraires ou moins chanceux.

Il a vu l’œil de chaque mer,
Tantôt en paix, tantôt en rage,
Prêt à démontrer son courage
Dans l’antre même de l’enfer !

Tous des marins ! Tous des marins !
Oui, nous partageons ton histoire,
Ton humilité, ta victoire,
En chants et en alexandrins !

 

Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : libre
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Jeudi 22 janvier 2009
Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Peinture
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Jeudi 22 janvier 2009
Ce siècle est le nôtre.
Même s’il se lève dans une lueur blême,
S’il tousse et crache des lambeaux de poumon,
S’il n’a plus de larmes dans son outre
Et titube déjà comme un ivrogne.

Ce siècle est le don de nos pères.
Héritage d’amour et de sang.
Combien d’usuriers ont pillé les bribes de son cœur ?
Est-il la concrétisation des espérances d’autrefois ?
Qu’espère-t-il lui-même à l’aube de ce nouveau jour ?

Ce siècle est un aveu.
L’homme est avide de richesse et d’orgasme
Qu’il soutire, sournois, détournant son regard,
Conscience éteinte, pour se libérer de la honte…
Qui peut le regarder en face sans trembler ?
La méchanceté comme constat d’irresponsabilité,
Qui contemple le désœuvrement de cet enfant dénué de rêves ?
Qui soutient encore le frêle ?
J’ai perdu tout espoir dans cette humanité.

Ce siècle est le nôtre.
Même s’il ne finira jamais,
S’il meurt dans un cri d’agonie, un vacarme,
Si le chaos nous a tous rendus insensibles
Et nous offre même de lui porter le coup de grâce.

Ce siècle est le don de nos mères.
Héritage de douceur et de larmes,
Combien de vies gâchées par le mensonge et la folie ?
Saura-t-il nous guider hors de nos utopies ?
Nous montrera-t-il enfin le chemin de la vérité ?

Ce siècle est un aveu.
Nul homme ne peut sauver son frère,
Aucun n’évitera la guerre, la maladie, la faim, la mort,
Qui peut le regarder en face et lui sourire ?
Le désespoir comme un guide pour aveugles,
Je refuse pourtant de le laisser bander mes yeux…
Celui qui n’accepte pas le joug qu’il veut partager avec tous
Sera libre et innocent au jour de son déclin
Et verra dans sa mort une autre renaissance !

Aux armes citoyens, c’est la révolution !
Massons-nous dans la rue en nombre et en chansons !
Marchons ! Marchons !
Qu’un peu d’air pur enflamme nos poumons !

(Aujourd’hui, je ne suis pas d’humeur, mon sofa prendra soin de mes courbatures et ma télé étouffera ma réflexion)

Contre nous du  pouvoir d’achat !
Nos misérables fiches de paye élevées !
Nos ambitions de pauvre erre au fond de nos poches !
Entendez-vous dans les campagnes mourir tous les petits métiers ?
Demain, nous troquerons de main à main
Nos vivres achetés sur E.bay !

(De quoi nous plaignons-nous ? Nos supermarchés ne sont-ils pas remplis de toutes choses ? Même le prisonnier est nourri et logé !)

Aux armes citoyens, c’est la révolution !
Unissons nos ardeurs dans ce que nous croyons !


Autrefois, je travaillais.
Je pestais le matin contre le réveil, pensant que la journée serait bien longue en échange de quelques heures de sommeil. Mais dès le café noir englouti, je sentais monter en moi une énergie et une joie incroyables. J’étais prêt à construire, créer, réfléchir… Le monde m’appartenait ! Je me sentais utile, sans orgueil, juste heureux de contribuer un temps soit peu à l’évolution de cette société.
Le monde au travail est une belle chose. Chacun par son activité est au service de l’autre, dans la grande machine industrielle qui fournit des richesses pour tous. Pour demain. J’étais heureux de retrouver mes collègues, même si je ne le montrais pas. Nous parlions de l’actualité récente, des émissions de la veille à la télé, du loto, des courses, et surtout, de foot. Le club régional monopolisait une attention de chaque instant. A chaque victoire de l’équipe, nous nous retrouvions au troquet à siffler quelques demis, le sourire aux lèvres. Les soirs de défaite, je dormais mal, et les lendemains au boulot étaient tristes.
Autrefois, je travaillais.

Ma femme me regardait avec tendresse. Je savais l’importance de ma place dans la famille. J’étais le père, celui qui animait les discussions des repas du soir, celui qui demandait à mes fils de raconter leur journée au collège, celui qui réprimandait et distillait les félicitations. Celui qui caressait les cheveux et celui qui grondait, qui montrait la ligne à suivre, les règles directrices de la maisonnée. Un guide, un exemple.

Je choisissais le programme du soir, écartais toute violence, initiais à la culture, au sens du devoir, au respect, à la responsabilité, à la fraternité. Mes fils attendaient mes derniers mots pour prendre congés, sollicitaient mon avis, une permission que je leur accordais avec bonté, dans un plaisir dissimulé.

Mon épouse, elle, savait me concocter de petits plats… Des aubergines, des pâtes ! J’ouvrais alors un Côtes du Rhône et nous nous régalions. Elle écoutait avec attention mes craintes, mes besoins, mes envies, et s’abandonnait le soir à la mesure de mes désirs…

Autrefois, je travaillais.

J’avais des projets, des rêves, un peu d’ambition même. J’attendais de finir de rembourser la maison pour envisager une extension, un garage, qui sait, une piscine. Pas vraiment pour moi, mais les enfants la réclamaient et je savais que ma femme en rêvait depuis longtemps.

Mes rêves à moi, c’était l’évasion. J’imaginais me promener dans les grandes plaines des Etats-Unis, comme dans les westerns de mon enfance, chevaucher des pur-sangs et bivouaquer auprès d’un feu de bois, sous une lune énorme. Mais déjà la maison engloutissait toutes mes ressources.

A l’usine, j’espérais avoir une place de chef d’équipe, au mérite. Notre contremaître attendait sa retraite d’ici deux ans tout au plus, et j’étais l’un des plus vieux dans la boîte, sans compter l’expérience.  J’avais maintes fois prouvé au patron ma disponibilité, mon dévouement à rester un peu plus le soir lorsqu’il y avait des commandes à finir. J’étais pourtant syndiqué, comme tout le monde, et je pensais que rien ne pouvait m’arriver, que ma bonne étoile veillait sur moi et me garantissait des jours heureux, des week-ends tranquilles en famille.

Aujourd’hui, ce sont des souvenirs amers qui me hantent jour et nuit.

Autrefois, je travaillais.

Mais à présent, je comprends toute la valeur de la pensée de l’Ecclésiaste : « Pour l’homme il n’y a rien de meilleur que de manger et de boire et de faire que son âme voit le bien à cause de son dur travail (…) car tout le reste est vanité et poursuite de vent. »

Le travail rend libre et fier, utile pour les siens et la société. Nos mains se calent à l’ouvrage et nos yeux apprécient la valeur de nos efforts. Le soir venu, un doux contentement vient apaiser notre sommeil, comme la brise fraîchit l’aurore de juillet et berce nos espoirs de futur d’un voile de bonheur. Oui, c’est certainement çà le bonheur : manger et boire à sa faim après une dure journée de labeur.

Mais j’ai perdu ce droit, ce privilège. Quelque chose m’échappe encore… Comment est-ce arrivé ? Je constate âprement chaque jour l’étendue des dégâts que la perte de mon emploi a pu occasionner sur moi et mon entourage… Je n’ai plus goût à rien, même pas à chercher autre chose. Le temps défile comme des lames de guillotine qui tombent bien après que la victime ait expiré. Je n’ai plus goût à rien. Je n’aime personne, me cloître au fond de mon salon, devant mon ordinateur et fais semblant de sourire, jouant un jeu bizarre qui ne doit leurrer personne et me rapproche inexorablement de l’envie simple de m’effacer. Tourner la page. Mourir.

Car je suis ce vieux monsieur qui fait le point sur ce que fut sa vie, arrange sa maison, prend des dispositions administratives et se laisse doucement partir, ordonnant à son cœur de cesser de secouer la carcasse dans le vide en s’endormant pour toujours. Pas un suicide, non, juste la fin, propre et efficace.

Je m’évertue d’ailleurs à penser que personne ne regrettera mon absence. Ni ma femme, qui m’évite… Elle ne doit plus me supporter ! Mais n’étant pas de celles qui changent de vie pour un prétexte futile ou une passion passagère, elle patiente à l’extérieur de ma vie… Ni mes fils qui ont leur vie à réussir. Moi aussi, j’ai eu vingt ans. Quand je les regarde, je me souviens de mes pensées naïves à leur âge. Mais je ne donnerais rien pour revenir dans un passé qui me laisse un goût amer.

J’ai la sensation d’avoir été trompé, floué par quelqu’un de plus grand, plus fort, qui s’est joué de moi, a manipulé ma vie et se moque aujourd’hui de me voir me fracasser contre les murs de ma déchéance.

Des choses m’échappent. La confusion entoure mes nuits sans sommeil. Parfois, je pleure… Des larmes chaudes brûlent mes yeux comme du soufre et je prie à voix basse que quelqu’un vienne me délivrer. « Il n’y a pas de malheur qui dure cent ans » m’avait dit une fois un ami. Alors je compte les jours de mon agonie en regardant sur l’écran tourner le monde. Sans moi.




Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : libre
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Dimanche 18 janvier 2009

Je ne suis pas de ceux qui vendent leurs cadeaux !

Ne suis pas non plus de ceux qui font un régime !

Suis-moi si tu le veux, déchirons les rideaux !

Pas de triche surtout ! Tu sais bien que j’estime

Celui qui est fidèle et qui toujours n’exprime

Que le fond de son cœur, honnête et délicat…

Vous voudriez m’aimer, rêvez de joute intime ?

Croyez donc mon poème, il est mon avocat !

Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : libre
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Dimanche 18 janvier 2009

Il est minuit et je ne dors pas.
Depuis des semaines, je ne peux dormir.
Si je pouvais débrancher l’arrière de ma tête…
Si je pouvais oublier puis passer à autre chose…
Un jour peut-être, je pourrai m’endormir sans lumière.
Peut-être viendras-tu t’allonger près de moi.

(les bombes pleuvent sur la ville meurtrie)

Il est deux heures du matin et tu ne dors pas.
Depuis des semaines, tu ne peux dormir.
Si tout pouvait finir cette nuit, tu serais libérée.
Tu serais en fuite, en délivrance, dans une autre vie…
Un jour peut-être tu pourras t’endormir à l’heure de la sieste,
Je viendrai doucement m’allonger près de toi.

(les bombes éclatent la ville en millions de poussières)

Il est cinq heures du matin et je ne dors pas.
Je rêve pourtant du jour où je t’enlacerai de nouveau.
Je fermerai les yeux pour respirer la fleur de ton cou…

(les bombes illuminent le ciel d’un bouquet flamboyant)

Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : libre
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Dimanche 18 janvier 2009

Mes amis et moi-même avons du courage à revendre !
« Pompez, pompez ! » Ils n’arrêtent pas de pomper !
Tout l’amour sera bientôt extrait de nos cœurs…
Qui entend les cris de nos mères ?
Les missiles se dirigent sur notre monde,
Notre monde à tous !

(Est-ce le commencement ou la fin ?
J’ai perdu le sens de l’orientation)

Nos pères nous ont appris à rester digne.
« Pompez, pompez ! » Dieu saurait-il les arrêter ?
Nos souvenirs ne seront bientôt plus que du sang.
Les missiles creusent nos tombes.
Qui prendra le pays ?

(Est-ce le commencement ou la fin ?
Je ne vois plus la trace du chemin)

« La situation est en voie d’apaisement… »
Mais que fait le monde ?
Ce sont les démons qui jouent avec nos vies.

(Est-ce le commencement ou la fin ?
Dans une autre vie, je tracerai le nouveau chemin)

Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : libre
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Mardi 6 janvier 2009

Photo Pagnolle Tous droits réservés.


Il vient souvent du nord, chargé des craintes et des désespoirs que l’homme prête à des dieux par ignorance. Il se glisse sans bruit comme un bâillon sur la bouche endormie, pour réduire au silence l’humanité se trouvant là, désemparée, hagarde, figée, perdue. Il dispose des lieux à sa guise, étale son voile de glace blanche pour pétrifier tout ce qu’il y a de nature alentour, la soumettre, l’enfermer dans un mutisme désarmant. Il est aussi de mèche avec la nuit, la contraignant à se coucher tôt et se lever tard, escamotant ainsi tout projet d’évasion.

Quelques cheminées, au creux de la plaine, donnent cependant des signes d’effronterie, crachant leur fumée opaque en souffle chaud de vie au milieu d’un océan de torpeur.

L’homme, comme l’animal, s’incline et se cache, blotti dans sa niche-cercueil, lorgnant les mansuétudes du froid pour recommencer à vivre.

Car le froid est dur et long comme une complainte mortuaire et il faut savoir la douceur de l’été et espérer la frénésie du printemps pour en accepter le joug.

Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : libre
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Mercredi 31 décembre 2008













Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Peinture
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Mercredi 31 décembre 2008






Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Peinture
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Lundi 17 novembre 2008




Va-t’en, mon poème ! Fuis-moi ! Emporte avec toi le sang de mes mots offerts, la douleur de mes rimes étriquées, mon passé dissolu dans les flaques de mes belles phrases, mes rêves dérisoires et mon ambition de pauvre fou. Pars ! Pars sans un regard, sans un égard.

Je ne suis pas ton géniteur ! Tu existais bien avant moi, mon poème, plus jeune, plus beau. Et tu t’es déjà lové dans les salons douillets, auprès de femmes séduisantes que tu as soumises, par la bouche de prétendants hardis. Pars ! Rejoins tes frères ! Rattrape le ruisseau de leur jeunesse ! Cours inonder les champs de vertes pousses, libres, heureuses, volontaires (je suis tellement présomptueux d’avoir espéré te garder auprès de moi !). Inonde leurs pieds de ta fraîcheur, de ton charme rieur, exalté, de ta faconde, ta candeur, ta grâce. Car tu es comme un soleil de mai, puissant, frondeur, invincible.

Va, mon poème, darder le cœur des hommes de tes rayons amers. Qu’ils se saoulent de tes beautés, t’attrapent et t’enferment à double-tour dans des coffres de bois, des cahiers ! Qu’ils te placardent aux quatre murs et te vendent comme esclave ! Qu’ils te couchent dans leurs lits de soie ! Qu’ils t’emmènent au bout du monde à travers leurs écrans saturés ! Va ! Cours ! Voyage ! aime ! Ris ! Pleure ! Meurs ! Et renais sous de nouveaux cieux, de nouveaux yeux, de jeunes bouches malhabiles !

Puis, lorsque tu seras las de ta liberté, repu par tant de festins macérés de confusion, de haine, de tromperie, de lâcheté et de luxure. Lorsque tu te sentiras perdu dans des mains hostiles, détesté de tous, lorsque tes rêves se seront déchirés sur des rochers un soir de tempête, reviens à moi, Ô mon poème !

Je ne jugerai pas ta débauche, non ! Je t ‘accueillerai comme un fils prodigue et convierai mes amis. Et nous festoierons. Nous nous souviendrons alors de nos joies passées et nos larmes se mélangeront à nos rires. Je serai le plus heureux des hommes ! Car tu étais mort, mon poème, et tu es revenu à la vie !

Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : libre
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"NINA Lettres & Chansons" - Géhess éditions - 2008



"POPULAIRE" - Paroles d'auteurs éditions - 2007



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