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Samedi 1 novembre 2008




Si j’ai lié ma vie à la tienne à jamais,
C’est que je veux t’aimer plus fort qu’il est possible
Et rendre cet amour aussi beau qu’invincible
Puisque nous ne formons qu’une chair désormais.

Ce sentiment puissant, qu’ailleurs tu réclamais,
Te semblait défendu, trop loin, inaccessible…
Cette fatalité bridait ton cœur sensible
Et chargeait l’horizon de tours indécis, mais…

« Chaque jour, je chéris la douceur que tu donnes,
Mais je crains constamment que tu ne m’abandonnes…
Serre-moi dans tes bras, je t’en prie, aime-moi ! »

« Mon bel enchantement, c’est de te voir sourire,
Une flamme à mon cœur qui conforte ma foi,
Car nous avons, tous deux, un futur à construire… »


Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Sonnet
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Vendredi 31 octobre 2008




C’est une vision qui vient à mon esprit,
Quand l’onde du sommeil, l’apaise et le promène.
Une jeune vénus – sans doute est-elle humaine ?-
Se dresse devant moi, me regarde et sourit.

Une simple dentelle orne son ventre écrit
D’une courbe parfaite. Et son regard amène
Me laisse présager de la belle Clymène,
Docilité, douceur, par ce corps qu’elle offrit…

Dans ce rêve éperdu, jamais je ne consomme !
Même si cette offrande est là pour combler l’homme,
Il ne m’appartient pas de briser mon serment.

Je suis comme Joseph, face à cette autre femme :
Il s’enfuit pour ne pas devenir son  amant.
Je ne veux succomber au désir et au charme !



Peinture Pierre Bonnard (tous droits réservés).

Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Sonnet
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Jeudi 30 octobre 2008




L’homme se tient debout sur un puissant rocher,
Contemplant l’horizon que la mer bleue aligne.
Le vent souffle en rafale ondulant l’humble ligne
Qui miroite au soleil sa peau comme un bûcher.

Ce qu’il voit le rassure et l’oblige à chercher
Partout le Créateur. Son œuvre le désigne :
Force, Justice, Amour en sont chacun le signe
Passant là sous ses yeux, qu’il sent et peut toucher !

C’est qu’il lui fut offert ce sentiment de grâce,
Pour mieux le découvrir et le suivre à la trace
Vers ce bel horizon comme un bout d’infini.

Au delà de sa mort et de son bref passage,
Dans un grand livre ouvert son nom reste béni.
Sous un ciel large et pur l’homme reprend courage.


Peinture Caspar David Friedrich (tous droits réservés).

Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Sonnet
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Mercredi 29 octobre 2008




J’avoue être attiré par une solitude
Qui viendrait comme un feu réchauffer mon tourment,
Partager en ami ce triste isolement,
Affronter avec moi l’ennui d’un hiver rude.


Pourtant, le désespoir peut troubler la quiétude
Que j’avais pris pour joie, au moins pour un moment ;
Lorsque je me sens seul, je demande comment
Transformer en bonheur la vile servitude.


Ô, je sais qu’être seul excite le désir
D’un égoïste élan, poursuivant le plaisir
Que l’on ne peut combler avec celle qu’on aime.


Pourtant, que cherches-tu ? Quel est cet idéal
Qui te fera savoir ton intérêt suprême ?
Tu relèves la tête espérant un signal…


Photo gregory Crewdson (tous droits réservés).

Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Sonnet
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Mardi 28 octobre 2008




Ne soyez pas heureux ! Et ne soyez pas tristes !
Si vous voyez le monde et son flot de malheurs…
Les assassins, truands, égoïstes voleurs,
Comptent leurs derniers jours, leurs rêves hédonistes !

Ne soyez pas heureux ! Ni même fatalistes !
Si l’on ne chérit plus les morales valeurs,
Quand la télé répand quantité de douleurs,
Ne les partagez pas, elles sont pessimistes !


Personne ne viendra pour juger à la fin ?
Sera-t-on libéré de tous nos jougs, enfin ?
Et peut-on prendre part à la déliquescence ?


Que l’on me mette à mort si je deviens oisif !
Car je ne veux goutter aucune jouissance
Qui me détournerait de mon but exclusif !

Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Sonnet
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Lundi 27 octobre 2008




On meuble sa maison comme on meuble sa tombe :
Les rideaux, la Hi-Fi pour le plus grand confort,
Un repas sur le pouce, éviter tout effort
Et voir à la télé la terre qui succombe.


Je n’ai jamais voulu d’une telle hécatombe...
Je pensais être heureux, grisé, dans un décor
Qui me mine aujourd’hui, par crainte de la mort...
Ô, mon cœur est défait, tant d’angoisse le plombe !


C’est là qu’est le dilemme, en mon fort intérieur,
Mon désir égoïste œuvre comme un pilleur
Et, face à la raison, les deux livrent bataille !


Donc, très honnêtement, je devrais accepter
Le tumulte du monde et son cri qui m’assaille
Sans que le matériel ne vienne contenter…


Photo Gregory Crewdson (Tous droits réservés).

Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Sonnet
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Dimanche 26 octobre 2008



Comment puis-je approcher de mon rêve idéal
S'il n'est pas garanti par la faveur divine ?
Car si je cherche en moi, sans détours, je devine
Un attrait partagé pour le bien et le mal.


Laisserai-je échapper un langage immoral,
L'appel matérialiste au bord de la piscine ?
Chercherai-je, insistant, au fond d'un magazine
De quoi nourrir mes buts, mon bonheur capital ?


Puis-je planter un arbre au bord de ce système,
Espérer voir grandir ses branches sans problème
Et nier le chaos qui sourd dans mon quartier ?


Car ce schéma de vie aveuglant, éphémère,
Ne m'inspire au final que dégoût et pitié.
Chaque jour me résout à tuer la chimère.
Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Sonnet
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Samedi 25 octobre 2008



L'amour nous a liés comme deux âmes sœurs
Prêtes à surmonter le meilleur et le pire
(Pour nos esprits naïfs, le rêve peut suffire
A combler nos futurs de milliers de douceurs...).


Mais c'était sans compter sur tous les agresseurs
Qui rodent alentour dans le but de détruire
La flamme de l'amour dès lors qu'elle respire !
Beaucoup de « bons amis » se changent en censeurs...


Faut-il fermer les yeux pour rester dans la ronde ?
Que seraient nos ébats sans l'emprise du monde ?
Quel prix doit-on payer pour être aimé des siens ?


Le garçon déchanta, saisi par l'évidence :
L'existence est offerte au chant des musiciens
Que si l'homme est épris d'une fiévreuse danse.


Peinture Thierry Loulé (tous droits réservés).
Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Sonnet
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Vendredi 24 octobre 2008



Quand le soleil expire un dernier souffle au jour,
Que le bleu vire au brun, tandis qu'une mésange
Siffle un retour au nid pour son mâle en vendange,
Je sens poindre en mon cœur l'espoir de ton retour.


Quand le doux soir m'étreint, je comprends notre amour :
C'est un chant de dépit porté d'une voix d'ange
Cherchant à m'attirer dans une danse étrange
Que seule ta présence atténue alentour.


Je ne sais si je dois prendre plaisir au trouble
Qui renaît chaque jour quand la crainte redouble...
Comment ne pas céder à la tentation ?


Quand je suis près de toi, j'ai trop peur de comprendre
Qu'on ne peut vivre avec la seule passion !
Si le destin te prend, je ne peux te défendre...


Photo Danièle Luyckx (Tous droits réservés).
Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Sonnet
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Jeudi 23 octobre 2008



Allons, mon bel amour, marcher dans la colline,
Sous le soleil brûlant qui plombe les vallons.
Nous pourrons nous aimer ou jouer aux ballons
Sous l'ombre d'un grand chêne à la verdeur divine.


Le cœur de la nature est comme à l'origine,
Un écrin pur et vrai pour ce que nous voulons :
L'épanouissement ! Privés des violons,
C'est par nos chants unis que l'amour s'achemine.


Mettons premièrement le Seigneur entre nous
Pour nous garder du mal, de la peur et des fous
Et guider nos efforts, nos rêves malhabiles !


Mais la fille s'ennuie, prend son air malheureux...
Lui, voit dans son regard des sentiments hostiles
Qui viendront tôt ou tard semer le doute entre eux.


Peinture Louis Janmot (tous droits réservés).
Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Sonnet
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"POPULAIRE" - Paroles d'auteurs éditions - 2007



"VIVANT" - Paroles d'auteurs éditions - 2007

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