Si j’ai lié ma vie à la tienne à jamais,
C’est que je veux t’aimer plus fort qu’il est possible
Et rendre cet
amour aussi beau qu’invincible
Puisque nous ne formons qu’une chair désormais.
Ce sentiment puissant, qu’ailleurs tu réclamais,
Te semblait défendu, trop loin, inaccessible…
Cette fatalité
bridait ton cœur sensible
Et chargeait l’horizon de tours indécis, mais…
« Chaque jour, je chéris la douceur que tu donnes,
Mais je crains constamment que tu ne m’abandonnes…
Serre-moi dans tes bras, je t’en prie, aime-moi ! »
« Mon bel enchantement, c’est de te voir sourire,
Une flamme à mon cœur qui conforte ma foi,
Car nous avons,
tous deux, un futur à construire… »
Par Emmanuel RASTOUIL
-
Publié dans : Sonnet
0
-
Recommander

C’est une vision qui vient à mon esprit,
Quand l’onde du sommeil, l’apaise et le promène.
Une jeune vénus – sans doute est-elle humaine ?-
Se dresse devant moi, me regarde et
sourit.
Une simple dentelle orne son ventre écrit
D’une courbe parfaite. Et son regard amène
Me laisse présager de la belle Clymène,
Docilité, douceur, par ce corps qu’elle
offrit…
Dans ce rêve éperdu, jamais je ne consomme !
Même si cette offrande est là pour combler l’homme,
Il ne m’appartient pas de briser mon serment.
Je suis comme Joseph, face à cette autre femme :
Il s’enfuit pour ne pas devenir son
amant.
Je ne veux
succomber au désir et au charme !
Peinture Pierre Bonnard (tous droits réservés).
Par Emmanuel RASTOUIL
-
Publié dans : Sonnet
0
-
Recommander

L’homme se tient debout sur un puissant rocher,
Contemplant l’horizon que la mer bleue aligne.
Le vent souffle en rafale ondulant l’humble ligne
Qui miroite au soleil sa peau comme un
bûcher.
Ce qu’il voit le rassure et l’oblige à chercher
Partout le Créateur. Son œuvre le désigne :
Force, Justice, Amour en sont chacun le signe
Passant là sous ses yeux, qu’il sent et peut
toucher !
C’est qu’il lui fut offert ce sentiment de grâce,
Pour mieux le découvrir et le suivre à la trace
Vers ce bel horizon comme un bout d’infini.
Au delà de sa mort et de son bref passage,
Dans un grand livre ouvert son nom reste béni.
Sous un ciel large et pur l’homme reprend courage.
Peinture Caspar David Friedrich (tous droits réservés).
Par Emmanuel RASTOUIL
-
Publié dans : Sonnet
1
-
Recommander
J’avoue être attiré par une solitude
Qui viendrait comme un feu réchauffer mon tourment,
Partager en ami ce triste
isolement,
Affronter avec moi l’ennui d’un hiver rude.
Pourtant, le désespoir peut troubler la quiétude
Que j’avais pris pour
joie, au moins pour un moment ;
Lorsque je me sens seul, je demande comment
Transformer en bonheur la vile servitude.
Ô, je sais qu’être seul excite le désir
D’un égoïste élan, poursuivant le
plaisir
Que l’on ne peut combler avec celle qu’on aime.
Pourtant, que cherches-tu ? Quel est cet idéal
Qui te fera savoir
ton intérêt suprême ?
Tu relèves la
tête espérant un signal…
Photo gregory Crewdson (tous droits réservés).
Par Emmanuel RASTOUIL
-
Publié dans : Sonnet
0
-
Recommander
Ne soyez pas heureux ! Et ne soyez pas tristes !
Si vous voyez le monde et son flot de
malheurs…
Les assassins, truands, égoïstes voleurs,
Comptent leurs derniers jours, leurs rêves hédonistes !
Ne soyez pas heureux ! Ni même fatalistes !
Si l’on
ne chérit plus les morales valeurs,
Quand la télé répand quantité de douleurs,
Ne les partagez pas, elles sont pessimistes !
Personne ne viendra pour juger à la fin ?
Sera-t-on libéré de tous nos jougs, enfin ?
Et peut-on prendre part à la déliquescence ?
Que l’on me mette à mort si je deviens oisif !
Car je ne veux goutter aucune jouissance
Qui me détournerait de mon but exclusif !
Par Emmanuel RASTOUIL
-
Publié dans : Sonnet
0
-
Recommander
On meuble sa maison comme on meuble sa tombe :
Les rideaux, la Hi-Fi pour le plus grand confort,
Un repas sur le pouce, éviter tout effort
Et voir à la télé la terre qui succombe.
Je n’ai jamais voulu d’une telle hécatombe...
Je pensais être heureux, grisé, dans un décor
Qui me mine aujourd’hui, par crainte de la mort...
Ô, mon cœur est défait, tant d’angoisse le plombe !
C’est là qu’est le dilemme, en mon fort intérieur,
Mon désir égoïste œuvre comme un pilleur
Et, face à la raison,
les deux livrent bataille !
Donc, très honnêtement, je devrais accepter
Le tumulte du monde et son cri qui m’assaille
Sans que le matériel ne vienne contenter…
Photo Gregory Crewdson (Tous droits réservés).
Par Emmanuel RASTOUIL
-
Publié dans : Sonnet
0
-
Recommander
Commentaires