06:30. Je nais.
06:37. Je meurs.
08:11. Je plante.
08:43. Je déracine ce que j’ai planté.
08:56. Je tue.
09:19. Je guéris.
09:34. Je démolis.
10:02. Je bâtis.
10:50. Je pleure.
11:25. Je ris.
11:43. Je me lamente.
12:00. Je bondis.
12:36. Je jette des pierres.
12:57. J’amasse des pierres.
13:08. J’étreins.
14:26. Je m’abstiens d’étreindre.
15:41. Je cherche.
16:03. Je me résigne à la perte.
16:59. Je garde.
17:22. Je jette.
17:31. Je déchire.
18:17. Je couds.
19:04. Je me tais.
19:45. Je parle.
20:56. J’aime.
22:12. Je hais.
22:38. Je fais la guerre.
23:01. Je fais la paix.
Qu’ai-je gagné ?
Par Emmanuel RASTOUIL
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Le fossé se morfond de n’être qu’un boyau
Digérant les déchets de milliers de misères
Humaines. Ses détours n’offrent pas de mystères,
Mais l’étalage infect de tripe et de boyau.
C’est, comme à ciel béant, un genre de tuyau,
Attendant le déluge en ondées printanières,
Pour former à coup sûr de petites rivières
Qui nettoieraient ses reins de tout ce matériau.
Mais ce rêve confus semble être une utopie…
Il serait plus sensé d’attendre la charpie
Dans l’usure des jours, du soleil et du vent !
Quant à ce fier voisin qui voyage trop vite,
Jetant son superflu comme en cadeau souvent,
Je ne vois que sa main lorsqu’il ouvre sa vitre.
Par Emmanuel RASTOUIL
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Jour 1 :
La lumière du jour
Vient chasser les ténèbres
Et ses plaines funèbres
Lui font un beau séjour.
Jour 2 :
Le mouvement des eaux,
Disloqué, tourbillonne,
Puis s’étend, presque atone,
Juste au dessous des cieux.
Jour 3 :
Vient l’inspiration
De former chaque terre
Et couvrir le parterre
De végétation.
Jour 4 :
Pour le jour et la nuit,
Voici deux luminaires,
Tous extraordinaires,
L’un chauffe, l’autre luit.
Jour 5 :
Les poissons, les oiseaux,
S’affairent dans la chaîne,
Sans angoisse et sans haine,
Parmi les animaux.
Jour 6 :
Au milieu de l’Eden,
Sous un verger de pommes,
S’aiment la femme et l’homme
Couchés dans le lichen.
Jour 7 :
Dans un parfait décor
Reflétant son image,
Heureux de son ouvrage,
Le Créateur s’endort.
Par Emmanuel RASTOUIL
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La plage a ses trésors, ses paquets d’immondices
Jetées aux quatre mers, échouées çà et là
Dans un désordre heureux que le vent déballa
Un soir où la tempête infligeait ses sévices.
La plage a ses beautés qui témoignent des vices
Et des vertus de l’homme aux rêves de prélat,
Prêt à sacrifier la nature au delà
De tous raisonnements, pour combler ses caprices.
La plage est le dernier rempart à l’horizon
Pour tous ceux qui voudraient échapper la prison
Et s’enfuir un matin vers la belle aventure.
La plage est le miroir où s’étend notre orgueil
Fait de mauvais désirs, attestant l’imposture…
Feras-tu dans le sable un trou pour ton cercueil ?
Par Emmanuel RASTOUIL
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Buvez le vin rosé qui coule en ce pays !
Il irrigue les corps, fontaine de jouvence
Dont le cœur prend racine aux coteaux de Provence
Et l’esprit se façonne aux fleurs et aux
bons fruits.
Celui qui le déguste en est si tôt séduit,
Qu’il sent sous son palais naître avec élégance
Un bouquet de douceur et l’amour en puissance,
Il chante son plaisir, son espoir qui
reluit !
Ce vin, c’est du bonheur que l’on offre en partage
A tous ceux que l’on aime ! Ô le divin breuvage !
Nul besoin d’avoir soif pour se laisser tenter !
Les disciples nombreux s’étant laissés séduire,
De deux ou trois godets n’ont pu se contenter…
Mais le cœur plein de joie, ils gardent le sourire !
Par Emmanuel RASTOUIL
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Le souvenir de la mère
S’entoure de lumière
Au cœur
d’un éden éphémère
Sans fureur, ni colère.
A mon tout premier cri,
J’étais son bel enfant chéri
Dans ses bras, à l’abri
Du destin qui s’écrit.
Que devient l’innocence
Dans la folle démence
Du
monde ?
Si mon œil s’ouvre vraiment
Sur l’avilissement,
Tout
mon être s’afflige…
Pourtant, la vie est un prodige !
Par Emmanuel RASTOUIL
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Myrtille a les yeux ronds
Comme un petit fruit mûr
Dont elle porte le nom
Avec désinvolture…
Son sourire fripon
Lui donne de l’allure
Et sa robe
crépon
Semble un beau ciel d’azur.
Quand jouent les violons
Pleins de grâce et stature
« Sur le pont d’Avignon »
Elle danse en mesure.
Les plus beaux liserons
De la verte nature
Du Pérou
au Japon
Font bien pâle figure…
…Devant les cheveux blonds,
Le cœur timide et pur
Qui
tournent tous en ronds
Vers une autre aventure !
Par Emmanuel RASTOUIL
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Rien n’est vrai de tous les beaux sentiments.
Rien n’est vrai de tous les actes d’amour.
Rien n’est vrai quand ton visage frôle le mien pour venir se blottir contre mon épaule.
Ni les rires, ni les larmes.
Mais, continuons de mentir en espérant qu’un jour ce ne soit plus nécessaire.
Imitons la réalité jusqu’à ce que nous en trouvions une meilleure.
Imitons l’amour, jusqu’à ce que nous aimions vraiment.
Imitons la grâce, jusqu’à ce qu’elle s’impose à nous naturellement.
Une belle imitation, un beau mensonge qui ne trompe personne, car tout le monde ment !
Imitons la réalité, jusqu’à ce que le vrai s’installe définitivement.
Par Emmanuel RASTOUIL
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