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Samedi 8 septembre 2007
 
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Le temps se meurt comme un vieux légume fripé
Que l’on n’a pas cueilli lorsqu’il était adulte
Et dont on voit le suc lentement s’échapper.
 
C’est donc l’ennui, si froid, qui vient comme une insulte
Nous jeter au visage un dégoûtant reflet,
Qu’on tairait volontiers mais qui pourtant exulte…
 
Et cette lassitude ternit mon palais,
Transforme mes jardins en plaine monotone
Où se pâme le vide, où le vert devient laid.
 
Gourmont disait pourtant que l’ennui qui bourgeonne
Vaut bien mieux qu’un plaisir médiocre ou limité,
Qu’en ces moments fanés notre esprit se façonne.
 
Moi, je ne veux rester dans l’uniformité,
Ni vraiment immobile au fond d’un mauvais songe,
Car je n’y vois ni jour, ni charme, ni beauté,
 
Juste une absence au cœur, un embarras qui ronge
Et lentement détruit mes espoirs de futur,
Tant mon rêve éveillé se réduit au mensonge…
 
L’ennui comme un poison qui me blesse à coup sûr !
 
 
Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : terza rima
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Samedi 8 septembre 2007
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Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Affiche
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Lundi 27 août 2007
 
 
A celle qui s’enfuit un matin de septembre
Supprimant sans un mot toute illusion d’espoir,
Aux parents, aux amis, aux compagnons de chambre
Emportant avec eux ton rêve à l’abattoir,
 
Pardonne.
 
Tout l’amour non-reçu, le manque de caresses,
Les blessures, les coups, les mots comme un poison,
Quand le flot de tes jours te content leurs tristesses
Et que, soudain, tu perds ton esprit, ta raison,
 
Pardonne.
 
Car le poids est trop lourd à porter pour un homme
Qui ne veut oublier ni ne garder rancœur,
Parce que ton désir n’est que de vivre en somme !
Tu voudrais que l’amour s’installe dans ton cœur,
 
Pardonne.
 
Sur un bout de papier ou du bord de ta bouche,
A l’aube ou vers le soir, quand surgit le besoin,
Lorsque valse la brume et que son bras te touche
Caressant tes cheveux vers un bonheur plus loin,
 
Pardonne.
Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : libre
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Mercredi 25 juillet 2007
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Pourquoi j’écris des vers aussi mélancoliques ?
C’est que le monde ici me semble bien obscur,
Que les actes de l’homme ou le cœur de son rêve
Ne m’apparaît voué qu’à l’échec le plus sûr,
Tant ses desseins naïfs virent machiavéliques…
Si je suis négatif, tout un rempart s’élève
Et me contraint à croire à l’évidente trêve :
« Demain sera vraiment balayé de tout mal !
Ceux qui n’embrassent pas ce vœu sont défaitistes,
Nous ne voulons pas d’eux sur nos parfaites listes,
L’homme est décidément bien plus qu’un animal !
Si son espoir intègre et son entendement
Le guident tour à tour, servis par la sagesse,
Aucune entrave, alors, ne pourra retenir
Le travail de ses bras luttant pour l’avenir
Et pour le bien de tous en poignante promesse !
S’il était des ardeurs qui ne soient constructives,
Il nous faudrait voter des lois définitives
Pour notre noble cause, et ne garder vivants
Que les esprits loyaux, adeptes et fervents ! »
 
Si fréquemment mon vers prend des détours maussades
Et laisse un son pénible empli de désespoir,
C’est que je ne crois pas que le destin de l’homme
Appartienne vraiment à celui qui veut voir
Le genre humain géré par d’autres camarades…
J’ai le sentiment d’être une bête de somme
Qui besogne toujours, qui partage et consomme
Mais ne jouit jamais du fruit de son travail.
A quoi sert de mener une humble et morne vie
Si l’on ne peut combler la plus petite envie,
Qu’on ne prend pour repas qu’un vieux pain frotté d’ail ?
Que vaut de travailler si l’on ne peut s’offrir
Qu’un petit bout de terre à rembourser sans cesse
Quatre pans sous un toit dans un lotissement,
Une verte clôture, un voisin bien charmant,
Un pauvre paradis pour sa triste princesse ?
Non, vraiment, je ne veux me résoudre à poursuivre
Les chimères des uns, si c’est juste survivre…
Si je ne peux donner le meilleur pour les miens,
Autant changer d’espoir et les combler de riens !
 
Aussi bien, quand j’écris, je vois la providence
Vouloir tantôt nourrir, tantôt empoisonner
Le rythme de nos jours, comme une loterie
Va choisir un gagnant et les autres ruiner ;
L’accident peut détruire une brève existence.
Qui n’a jamais perçu, dans une âme en furie,
Le poids de la démence et la sauvagerie
Qui, d’un coup, peut s’abattre et provoquer la mort ?
Et qui peut ramener un enfant à la vie,
Qui pourra le guérir, assurer sa survie
Lorsque la maladie incurable l’endort ?
L’homme est esclave aussi de la fatalité !
Je ne fus pas exempt de mon lot de souffrances
Quand le destin me prit ma mère et puis ma sœur,
Plongeant mon existence au fond d’une noirceur
Dont je m’emploie encore à briser les errances…
Oh, je ne pense pas avoir le monopole
De toutes les douleurs, mais cela me désole
De devoir vivre avec le manque et le tourment,
Qui luttent dans mon cœur aussi cruellement.
 
Je sais pourtant la part de moi la plus intime,
Le caractère aigu qui me pousse au secret.
L’enfer du monde étreint mon esprit qui s’isole.
Mais je lutte, c’est sûr, pour sortir du retrait,
Etre plus expansif, éviter la déprime,
Mais il s’en faut de peu pour que je dégringole
Et personne à côté qui m’aime et me console…
Non, j’exagère trop ! Ma femme est près de moi,
Qui m’aide et me comprend, jamais ne m’abandonne.
Comme un vent doux le soir, elle sait être bonne.
Et puis, j’ai mes garçons, des plus gentils qu’il soit !
Ils rejoindront bientôt les hommes de leur temps,
Aussi j’ai pour devoir de leur montrer l’exemple,
Car c’est tout ce qui reste au seuil de nouveaux jours,
Quand un petit adulte entame son parcours.
Moi, c’est toujours la peur que j’entends et contemple…
Si tous mes vieux pêchés, me jetant l’anathème,
Me ramenaient avant, serais-je encor le même ?
C’est quand revient le soir que je vis l’abandon.
J’entrevois le secours dans l’espoir du pardon.
 
Oui, ce troublant portrait serait bien pessimiste
S’il n’était peint qu’avec ces sinistres couleurs.
Mes vers n’auraient pas tort de pleurer leur complainte,
Nourris de l’inconstance et de tant de douleurs,
Car, bien heureusement, le Créateur existe !
Il dissout la froideur, l’obscurité, la crainte,
En s’approchant tout près de sa Parole sainte.
Ce qu’il offre aujourd’hui pour celui qu’il soutient,
Ce sont des vérités et des réponses claires,
Aux appels insistants, légitimes colères
De l’humble serviteur, véritable chrétien.
Oh, je vois le moqueur et son sourire en coin
Qui dit que le Très-haut, c’est un lot de bêtises !
Qu’il faut pour vivre libre oublier tous les dieux,
Car l’homme intelligent guide son pas bien mieux !
Moi, je laisse à chacun croire toutes sottises
Et ne veux surtout pas montrer de différence
Souligner simplement que c’est par espérance
Que je peux accepter le bagne, la prison,
Ou le vol de mes biens ; je garde ma raison !
 
Si je fais le constat, les temps sont difficiles.
Il faut faire « dos rond » et rester patient,
Demain sera pour tous plus juste et favorable !
En attendant de voir un bien-être durable,
J’écris des vers chagrins en étant conscient
Qu’ils possèdent en eux des voluptés graciles,
Sachant réconforter les cœurs les plus fragiles,
Pour que ce monde enfin ne soit pas qu’ un mouroir 
Et donner au final une lueur d’espoir !


Peinture Chagall (Tous droits réservés)
Merci à Jean BRACCO pour son aide.
Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : ballade
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Dimanche 22 juillet 2007
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Peinture Emmanuel Rastouil (Tous droits réservés).
Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Peinture
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Vendredi 13 juillet 2007
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J'étais déjà debout lorsque le soleil
Alluma son premier rai.
Pas un seul bruit dans la tranchée endormie,
Même la boue épaisse attendait le jour.
Rien ne transpirait des ardeurs de la veille,
La froide nuit de mars avait englouti
Les dernières énergies.
 
J'aimais te regarder durant ton sommeil,
Partager le doux secret
D'un voile d'encens sur ta joue ennemie
Qui vient calmer le feu d'une nuit d'amour.
J'étais ton obligé. Sur ton cœur en veille,
Je dévouais mon âme en jeune apprenti,
Dans la clarté des bougies.
 
J'ai beau me souvenir et chercher conseil,
Même en ce rêve indiscret,
Je perds le dessin de ton anatomie.
Quelle est ma mission ? De crever à mon tour ?
Et voir mon corps meurtri nourrir la corneille ?
Pas question ! Quand je m'en serai sorti
Je vivrai dans les orgies !
 
 J'en ai passé des jours dans ce trou vermeil,
Attendant le couperet,
Epiant l'adversaire en temps d'accalmie,
Cédant au carnage au milieu du labour…
J'en garde une musique au fond de l'oreille
Comme un gardien de musée assujetti
A toutes ces élégies.
 
…Je suis toujours là, mais ce n'est plus pareil…
Et je n'ai pas de regret.
L'amour a disparu. Je suis la momie
Sans joie et sans espoir. Le son du tambour
Rythme mes efforts quand mon corps appareille
Et repart au combat, comme au ralenti
Au bord des fosses rougies…
 
 
Sans ton regard mon cœur est anéanti
Par ces piètres nostalgies.
- Publié dans : ballade
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Mercredi 11 juillet 2007
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Elle danse au milieu des autres demoiselles
Comme on joue en public un nécessaire jeu
Pour sauver l’apparence et faire comme celles
Qui vivent dans leur siècle et cultivent leur « je ».
 
La jeune fille ne sourit pas
(Ce qu’elle dit est triste. Elle feint d’être heureuse mais ses efforts sont vains).
 
C’est un pressant mal-être, une mélancolie
Comme un trouble insolent né de tourments lointains,
Un père irresponsable, une mère avilie
Invitant dans son lit tout un tas de crétins.
 
La jeune fille ne sourit pas
(Ce qu’elle dit n’a pas de rapport avec l’amoureux qu’elle n’a jamais eu).
 
Elle a vu l’œil avide et souillé de luxure
Qui la dévisageait comme un fruit presque mûr.
Elle sait l’avenir : c’est une meurtrissure !
Face à ce monde informe elle dresse un grand mur.
 
La jeune fille ne sourit pas
(Ce qu’elle lit ? Des livres impétueux qui lui ouvrent les yeux sur les garçons).
 
Je vois ma camarade et son insouciance
A quinze ans le futur est un rêve imprécis.
Si vraiment dans un souffle elle avait conscience
De son sort véritable elle aurait un sursis…
 
La jeune fille ne sourit pas
(Ce qu’elle dit ? « J’ai peur de mourir tôt… Je dois m’accrocher à quelque chose ! »).
 
Mais oui, tu es ma fille !
Mais oui, tu es ma sœur !
Mais oui, tu es ma femme !
Mais oui, tu es ma mère !
 
Oh, je sais bien ton cœur, il est comme le mien !
Harcelé, défaillant, c’est caché qu’il endure !
Qui peut te délivrer, un ange ? Un bohémien ?
Qui saura t’emporter dans une autre aventure ?
 
La jeune fille ne sourit pas
(Ce qu’elle dit : « Bientôt, je serai célèbre…J’oublierai enfin mon passé !).


Dessin MIRO (Tous droits réservés).
Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : libre
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Mardi 10 juillet 2007
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Nina, je te tenais comme Amour et nos mains
Rayonnaient. Nos projets ignoraient tout le reste.
Je nous revoie encore appliquer chaque geste
A distraire nos yeux de futurs lendemains.
 
Qu’en est-il aujourd’hui ? Fait-il courir ses mains
Sur ta nuque endormie en désir manifeste ?
Te rend-il plus sauvage ou tendre à la sieste ?
Et qu’en est-il de moi, de mes chaos humains ?
 
Le manque d’espace et le vibrant enthousiasme
De nos esprits pressés, de nos chairs, n’ont pas vu
Le bruit de battement de tambour de nos fièvres.
 
Car moi je me gaspille à poursuivre un fantasme…
Sois libre ou quitte-le ! Fais de ton mieux, pourvu
Que la fin de mes jours ne s’accroche à tes lèvres !
Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Sonnet
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Mardi 10 juillet 2007
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Tu t’endors sur un banc. Je sais, tu es brisé…
Moi, je suis la photo qui doucement s’estompe,
Le fer arque bouté juste avant qu’il ne rompe,
Tout cet amour que tu cesses de maîtriser.
 
Parfois, je veux remplir l’espace agonisé,
Ce qui te manque, tout ce qui te perd, te trompe,
Avant que ton esprit, ta raison se corrompe
Et que ton cœur se blesse et s’endorme épuisé.
 
Lorsque l’on s’est tout dit, je languis ta parole
Lorsque je t’ai perdu, je languis ton retour
Comme un remord soudain qui se fixe, fugace.
 
Mais ce vieux souvenir se trouble puis s’envole,
Je referme la porte et j’en perds le contour
C’est un reste d’amour qui doucement s’efface.
Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : Sonnet
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Lundi 28 mai 2007

 

 

 

 




Je vole

Comme un oiseau

Je vole

Dans les nuées

Je vole

A ton secours

 


(la forêt de pins sylvestre m’envoie ses essences de miel)

 


Je vole

Comme une plume

Je vole

Sur les nuages

Je vole

Pour te retrouver

 


(la forêt de pins sylvestre fait la sieste au soleil)

 


Quel bonheur de planer !

Quel plaisir de sentir le vent glisser sous mes ailes !

Quelle liberté !

Je ne serai vraiment heureux que lorsque je serai à tes côtés.

 


(la forêt de pin sylvestre s’est enfin endormie)

 

 

 

 




Peinture Marc Chagall Tous droits réservés.

 

 

 

Par Emmanuel RASTOUIL - Publié dans : libre
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"NINA Lettres & Chansons" - Géhess éditions - 2008



"POPULAIRE" - Paroles d'auteurs éditions - 2007



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