Je m’appelle Agnandji Francis
Je suis l’enfant-doux
Et ceci est mon cœur.
J’ai 11ans
Je suis en classe de CM2
Ceci est mon cœur.
Je suis content de correspondre avec toi.
Je suis béninois
J’ai le teint noir
Ceci est mon cœur.
Ma passion est le football et les jeux vidéos
J’ai deux frères et deux sœurs
Je parle le Fon et le Français
Ceci est mon cœur.
Mon père s’appelle Bernard
Il est cultivateur
Ma mère s’appelle Colette
Elle est vendeuse
Ceci est mon cœur.
Je suis content quand j’ai reçu ta lettre.
Je veux que tu sois sincère avec moi
Et moi envers toi
Ceci est mon cœur.
Que notre amitié dure à toujours.
Je suis Agnandji Francis
Je suis l’enfant-doux
Et ceci est mon cœur.
A Agnandji Francis, respectueusement, septembre 2005.
Par Emmanuel RASTOUIL
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Ils sont riches les vieux, d’éclatants souvenirs,
D’une photo cornée, la mine radieuse,
De tout ce bel amour récolté à plaisirs,
Ceux qui croisaient leurs jours, leur présence pieuse.
Ils sont sages les vieux, d’avoir autant appris,
Et rendu sans réserve à qui savait entendre,
Les émois, les dépits, à tous jamais épris…
Même à cent ans, la vie peut toujours nous surprendre !
Ils sont aimés les vieux, mais pourtant ils sont seuls,
Dans leur morne refuge, ils attendent, secrets,
Les tous derniers sourires, avant que le linceul
Ne recouvre à la fin leurs ultimes regrets.
septembre 2004
Par Emmanuel RASTOUIL
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Mes amis sont partis un matin de septembre,
Le ciel encor tout bleu faisait croire à l’été
Qu’un avenir heureux et certain le guettait.
Mais il n’en était rien, et enfin il me semble
Que sous les arbres gris le temps s’est arrêté.
Mes amis sont partis mais je n’ai pas de peine,
Car d’autres sont ici pour épauler mes joies,
Du labeur aux soupirs, quels que soient les endroits,
Ils calment à vrai dire et dissipent les peines,
Dans un élan d’amour et pour unique loi.
Oui, des amis s’en vont, mais vers d’autres bonheur,
Car pour eux l’horizon reste clair et béni,
Et ils gardent en eux les souvenirs enfouis
De visages, de sourires, tout au fond de leur cœur,
Comme s’ils n’étaient en fait jamais vraiment partis.
septembre 2001, pour Cathy et Ophélie.
Par Emmanuel RASTOUIL
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Pour s’affranchir de cette peur que sont les dieux et puis la mort,
Il faut atteindre le plaisir dans un repos privé de trouble.
Mais l’homme anxieux s’évertue à rechercher le simple au double,
Et dans ses efforts il reprend l’humilité puis le confort.
Ainsi pour trouver le contour d’accroissement de ce trésor,
Il faut une paix affirmée omettant la douleur morale.
Pour que l’absence de savoir ne se transforme-t’en spirale
Et la quête de jouissance en un géant qui vous dévore.
décembre 2004
Par Emmanuel RASTOUIL
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Ai-je appelé déjà « Maman » ?
Je ne m’en souviens même plus.
Comme un enfant vide et reclus,
Hurlement.
Ai-je souffert d’isolement ?
C’est volontiers que je m’exclus
Dans un fantasme dissolu,
Flottements.
Me complais-je en dérèglements ?
A lutter je suis résolu.
Je travaille pour mon salut,
Jugement.
janvier 2006
Par Emmanuel RASTOUIL
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Rien
Je ne suis rien
Grain de sable
Triste vent qui m’emporte au hasard
Et me recouvre
Après d’autres pauvres manants
Vides et insignifiants
Enterrés dans l’oubli
De leurs uniques vies…
Et le soleil
Eclatant luminaire
Qui renaît chaque matin
Pour réchauffer mes os
Replace
Au centre de mon cœur
Une flamme d’espoir
Qui invite à la lutte
Réveille
Au fond de mon esprit
Le désir d’être roi
Encore une fois
Au moins une fois…
Ah mon royaume !
Havre de paix
Cristallisation de mes désirs
Chimère…
Je veux brûler
Sur mon soleil
Et m’élever
Jusqu’à son cœur généreux
Pour disparaître
Au firmament
Dans une extase
Longue et volatile
Un souffle de vent chaud
Qui me roule
Et me dépose
Au sol
Sur la terre nourricière
Dans un trou
Comme un petit caillou
Inerte
Comme rien.
mars 2006
Par Emmanuel RASTOUIL
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Mes mots sont en prison Qui peut les délivrer ?
Tu voudrais qu’ils s’envolent
Moi je voudrais qu’ils meurent
Qu’ils meurent pour renaître
Purs comme les flocons de décembre
Comme avant
Lorsqu’ils ne faisaient pas de bruit
Et qu’ils savaient voler
Qu’ils aimaient voler
Et s’accrocher au Ciel vanille et doux
Mes mots sont malheureux Qui peut les amuser ?
Tu voudrais qu’ils rigolent
Moi je voudrais qu’ils pleurent
Qu’ils pleurent et puis qu’ils dansent
Légers comme les fleurs de ces grands arbres
Pareilles à des petites grappes de coton
Qui valsent dans la brise d'été
Des campagnes verdoyantes
Comme avant
Lorsqu’il ne faisait pas nuit
Et je savais danser
Et j’aimais tant danser
juin 2006 à Matthias Vincenot.
Par Emmanuel RASTOUIL
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C’est un sourire
Qui s’ouvre comme fleur
Dans un matin d’été
Encor frais de rosée.
C’est un jardin entier
Rempli de souvenirs
Et de moments fugaces,
D’insouciance et d’amour.
Comme bénie, l’attente,
La venue des amis.
- Nos êtres chers,
Nos tendres chairs… -
C’est un éclat de rire
Qui résonne et qui rompe
Le silence troublant
D’après-midi pluvieux
Quand l’automne nous glace.
Il n’aura pas raison
De notre lassitude.
Nous rirons pour de bon !
Nous n’aurons jamais peur !
C’est un œil attendri
Qui glisse sur la neige
Pour étouffer le cri
De la froideur qui fige.
C’est l’oiseau de l’hiver
Qui vient sur la fenêtre
Et chante malgré tout
Quelques chansons de fête.
- Le silence de l’hiver
N’a pas fermé ton œil généreux -
C’est une chanson gaie
Qui s’écoule en ruisseau
Et vient baigner mon cœur
Dans un tendre murmure.
Mon tourment disparaît
C’est le tiède printemps
Le frêle papillon
Et ce sourire encore
Qui ne s’éteint jamais…
novembre 2006
Par Emmanuel RASTOUIL
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Je pleure, parce que c'est l'hiver
Je pleure, parce que c'est le printemps
Je pleure, parce que c'est l'été
Je pleure, parce que c'est l'automne
Je pleure tout le temps
Tu me manques tellement
(cette nuit j'ai rêvé que tu étais morte
et que j'étais un vieux
malheureux).
ER (janvier 2007).
Peinture Loulé "Emotion" (Tous doits réservés).
Par Emmanuel RASTOUIL
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