Parce qu’un jour dans tes allées
Vaut plus que mille en autre lieu
J’ai gardé mes jambes plantées
Au seuil de la maison de Dieu.
Mieux que d’errer en plein milieu
Des méchants et de leurs mirages
Tu donnes gloire sans ambages
Un bouclier face à l’épieu.
juillet 2005, pour Florence.
Par Emmanuel RASTOUIL
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Par excellence la justice
Si l’on ne sait par quel hasard
Elle est bonne ou juste bizarre
Ne peut nous rendre aucun service ;
Pareille, la beauté factice
Ne représente de valeur
Même en ajoutant la douleur
Par quelque action qui bâtisse.
janvier 2005
Par Emmanuel RASTOUIL
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J’ai le cœur pesant de sanglots
Enclin, le soir, à chavirer
Et déverser de milles flots
Toute ma peine à respirer.
Jusqu’au fond de la nuit, virer,
Et ressasser comme une brume,
Tapie en moi pour attirer
Les souvenirs et l’amertume.
décembre 2004
Par Emmanuel RASTOUIL
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Comment la beauté saura-t-elle un jour
Dans ce monde indigne aux atours perfides
Allonger le pas sans qu’un seul vautour
Ne vienne souiller ses bassins limpides ?
Comment l’assemblée aux regards avides
Pourra retenir son bras menaçant
Détourner son joug et son œil cupides
De ce charme offert déjà grimaçant ?
décembre 2004
Par Emmanuel RASTOUIL
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Je suis un blanc rocher vivant bien qu’immobile,
Essuyant tour à tour orages et tourments,
Et quand le gel m’étreint, je m’assois malhabile,
Attendant là, soumis, que m’effritent les vents.
Je suis un blanc rocher fait de cent diamants,
Libérant au soleil d’innombrables éclats,
Et j’égraine les jours berçant les goélands
s’ébattant sur mon dos dans la paix des prélats.
décembre 2004
Par Emmanuel RASTOUIL
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C’est un corps animal qui s’ouvre comme fleur
Quand le soleil descend son jaune au crépuscule
Et se mélange au noir sans éclat ni douleur.
Le duvet de la peau s’hérisse puis bascule
Dans la moiteur de l’air. La fraîche renoncule
Fait luire ses tissus, ses branches de pistil,
Et voudrait s’échapper du voile cuticule…
Un premier rai de lune aligne le profil.
Par Emmanuel RASTOUIL
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Le printemps se tiédit, déjà l’aube est plus douce…
Sous une fleur poudrée, un insecte s’est mu
En un beau papillon, nouvellement promu
« Prince du lieu séant », « Cardinal de la mousse »
Aux ailes de velours, dont le charme éclabousse
La nature en éveil. Tout est charme et beauté.
Le décors est si vif qu’il paraît enchanté
Par un long mouvement, transformé, car tout pousse !
Par Emmanuel RASTOUIL
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Ton corps s’est allongé dans ce divin jardin,
Là où tout commença… Les prémices du monde
Ont mis leur souvenir en détail anodin
Sur le creux de ta hanche admirablement ronde.
Il s’en faudrait de peu pour que l’on te confonde
Avec la grâce même, Eve à peine éveillée !
Tout me trouble, et pourtant, mon âme émerveillée
Se refuse à saisir l’amour qui vagabonde…
Par Emmanuel RASTOUIL
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Ma main, pour la cueillette, épargne l’orchidée
Frêlement apparue au cœur d’un pré fourni.
Sa corolle en avant, d’un fin manteau brodée,
Donne à penser qu’un taon, voire un frelon banni,
N’a pas trouvé plus doux que ce pétale uni
Pour dormir un moment dans la douce enveloppe.
Pourtant, ce trompe-l’œil n’a rien d’un douillet nid,
C’est l’œil d’un dieu caché qui sort le périscope !
Par Emmanuel RASTOUIL
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Ce corps nu sur la mousse est une chose étrange :
Bien qu’issu de la terre et chez lui n’importe où,
Il n’a d’autre motif de s’étendre partout,
Sinon de susciter tous les désirs d’un ange,
Ou de former un nid fugace à la mésange.
Mais il ne semble pas vraiment s’en soucier…
Comme un trône apprêté pour un séant princier,
Il s’enroule sans bruit et refuse l’échange.
Par Emmanuel RASTOUIL
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