LA RAGE

J’ai le cœur balafré d’une telle blessure
Qu’aucun onguent ne peut en effacer le trait.
Le monde se détruit. Ai-je été si distrait ?
Je construis un rempart, j’ai peur de la nature.
La télé me nourrit d’une espérance obscure,
M’entrave et me conduit dans un faux rêve abstrait.
Quand le fossé se creuse et progresse à regret,
J’engraisse le colon tout en désinvolture.
Mais la rage est au fond et me maintient debout,
Je ne peux me résoudre à m’asseoir et me taire.
Où mène mon destin, je tiendrai jusqu’au bout.
Je ne suis pourtant pas révolté, marginal,
Juste en quête de la vérité qui libère
Et nous offre la vie attendue au final.
Septembre 2006
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