APRES L'ESCALE II

Mais je ne suis qu’une ombre et toi, badaud floué,
Tu peins et tu repeins mon reflet qui s’imprime
Au creux de ce poème à quoi ton cœur s’arrime.
Mais mon corps sans relief t’aura fait déjouer.
Tremblant, ton poing serré s’échine à secouer
Des chimères de vent, de poussière anonyme
Dont tu fais des pâtés que l’océan décime
Comme vaisseaux amers ou navire échoué.
Tu dis : « Tes vers confus sont loin d’être faits d’or
Mais d’air si fermentés qu’ils languissent fétides. »
Ils sont pourtant mon cœur que je crois bon. A tort ?
Désancre donc ton art ! Va-t-en sans compromis !
Pour partager ainsi mes poèmes candides,
Mon port ne veut prier que des vaisseaux amis.
A Del'île, ton poème était quand même beau, presqu'un cadeau!
Novembre 2006. Peinture Bruno Cantais.