NINA I

Publié le par Emmanuel RASTOUIL

 

Nina semblait perdue. Elle était déjà morte,
Traînait, brûlait ses jours comme on fume un mégot,
Nouait son avenir dans un maigre fagot
Déposé dans la cave, et refermait la porte.

Je l’aimais tellement que j’aurais fait en sorte
De transformer sa vie en un rêve indigo
Où nos cœurs vagabonds, fantômes inégaux,
Se changeraient en fleur qu’un léger souffle emporte.

« N’entre pas dans ma vie ! enfuis-toi loin de moi !
Nous n’avons pas le droit à l’amour ou la joie,
Ces rêves sont volés, ne nous mènent à rien… »

« Oh Nina, s’il te plaît, reste un peu près de moi!
Ton sourire et tes yeux me remplissent de joie
Et si ton ombre au loin fuit ; je ne suis plus rien… »

Peinture Pierre BONNARD Tous droits réservés.

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Publié dans Sonnet

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