BLANC ET NOIR

Si le ciel était blanc et la mer d’encre noire,
Je n’oserais baigner ni morceau de mon corps,
De peur d’être englouti par le fond illusoire.
Je pourrais craindre après qu’advienne un haut-le-corps,
Comme un profond refus, l’immensité lugubre,
Me rebute à l’excès, me prenne à bras-le-corps.
Le cauchemar aidant, la partie insalubre
De mon cerveau trahit ma folle absurdité
Et par ma bouche accroît les cris que j’élucubre.
Alors je me détourne et dans l’immensité
Recherche la lueur et son spectre limpide,
Pour mon âme noyer dans un bain de clarté.
Ainsi, me délassant en ce précieux liquide,
Je m’éveille et je songe à ces deux premiers vers
Et j’envisage enfin par mon esprit lucide :
Par bonheur la couleur orchestre l’univers.
février 2005
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