LA VIOLETTE

Publié le par Emmanuel RASTOUIL

 
 
Au beau milieu d’un bois, naquît la violette.
Dans la verdeur de mars elle ouvrit son regard,
Fit jaillir son effluve, enivrante et coquette.
 
Pourtant quand le mistral souffla sans un égard,
Malmenant la chétive et la fouettant l’épuise,
Elle sut que ses jours finiraient sans retard.
 
Aussi le pin fringant lui tînt avec franchise :
« Voyons, ne t’abats pas ! Je serai vigoureux,
En solide rempart je contiendrai la bise… »
 
Mais la belle éreintée aux tourments douloureux,
Contemplant là ses sœurs déjà mortes sans peine,
Exhala son parfum, ultime et vaporeux.
 
Alors le Créateur, avançant sa main pleine
D’un doux zéphyr chanta quelques mots éplorés :
« Du cœur de ma forêt, tu fus, ce jour, la reine. »
 
La fleurette apaisée expira sans regrets.
 
 
 mars 2005
Publicité

Publié dans terza rima

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
Bonjour,Jolie fable.Un peu comme le chêne et le roseau de La Fontaine, mais à l'envers.
Répondre